Chikako MAJIMA


Chikako Majima est née en 1979, dans la ville d’Osaka qui situe au Sud-Ouest du Japon. Depuis son enfance, sa passion est la peinture. Elle rêve toujours la vie à l’étranger comme si elle est voyageur dans toute sa vie. C’est peut-être grâce à sa mère qui lui a donné beaucoup d’albums pour enfants. « Raconter une histoire ! », Chikako lui demande tous les soirs.

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Bonjour à vous!

Japan in France est né avec ma passion pour les échanges culturels sans frontières, en particulier entre mon pays, l'archipel nippon, et l'hexagone. Ce site est le journal d'une correspondante japonaise en France. Je vous souhaite de bons moments de lecture.

Vendredi 30 juin 2006 5 30 /06 /Juin /2006 13:00
Okinawa fait partie des îles Ryû-Kyû, situé dans le sud du Japon. Cette préfecture couvre environ 0,6 % du territoire japonaise ainsi que 1 300 000 d'habitants. Tandis qu'il séduit les touristes, il porte toujours la cicatrice de la bataille d'Okinawa : les bases militaires des Etats-Unis. Soumis à la pression des Etats-Unis et du gouvernement japonais, il manifeste son angoisse. Quand est-ce qu'Okinawa se libéra de sa blessure ?

F15, le problème de Kadena

« Encore une fois ! » Les habitants de Kadena, situé à proximité du centre sur la principale île qui est appelée Okinawa Honto, manifestent leur colère face à l'accident du mardi 2 mai impliquant un F15, l'avion militaire américain. « L'accident a eu lieu vers 11h05 dans la base militaire américaine de Kadena. Un avion de type F15 s'est posé avec l'arrière de l'appareil enfumé. Ensuite, il a dépassé la fin de la piste et stationné en posant son aile gauche à terre. À côté, il y a environ 10 ambulances. Dans la même journée, vers 12h35, un autre F15 s'est posé dans l'urgence » affirme le journal régional Okinawa Times, selon les explications des témoins japonais. « Les habitants de notre village demande l'arrêt de l'utilisation du F15 depuis longtemps. Après ces plusieurs accidents, je n'en peux plus, » réclame Monsieur Tokujitsu Miyagi, maire de Kadena. « Les accidents de F15 sont très fréquents, de sorte qu'il faut se poser la question de la sécurité de cet avion, » ajoute aussi Monsieur Tanaka, chef d'une commission de la municipalité, fonctionnant avec l'aide active des habitants, qui surveille la base militaire américaine de Kadena. Son fonctionnement quotidien gêne les habitants du village dans leurs activités culturelles et éducatives. De plus, la base possède environ 83% du territoire de la ville, ce qui empêche le développement industriel et l'aménagement municipal. Or ce n'est pas seulement le problème aujourd'hui. Par exemple, le bruit des avions provoquait des problèmes graves à l'école donc le village de Kadena a créé une équipe en 1965 afin de demander aux gouvernements américain et japonais de construire des bâtiments scolaires anti-bruits. C'est l'origine de la commission de Kadena actuelle, sur la paix et de la sécurité du village auprès de la base militaire d?outre-atlantique.

Okinawa, le témoin de la guerre

Atsugi, Camp Zama, Iwakuni, Misawa, Sasebo, Yokosuka...Le Japon possède des bases militaires américaines dans une dizaine de régions. Or, il semble qu'Okinawa attire toujours plus l'attention des gens à cause de la tragédie qui s'y est déroulée lors de la guerre du Pacifique et grâce à sa culture particulière. En effet, autrefois, Okinawa n'était pas un territoire japonais : les îles « Ryû-Kyû » formaient un royaume, dit de « Ryû-Kyû », qui est resté longtemps quasi-indépendant de ses voisins. Soumis à l?influence politique de la Chine et du Japon, les rapports avec ces deux pays étaient sans trop de soucis, et de nombreux liens commerciaux existaient. De plus, suivant les coutumes de cette région du monde, les gens qui passent les frontières s'offrent des cadeaux ou échangent des produits du terroir durant tout le XIVe siècle, l'époque de la « prospérité ». Nous pouvons y trouver aujourd'hui une des raisons de l?originalité et de la particularité de la culture d'Okinawa. En effet, les habitants ont leur propre langue régionale, parlée principalement par les personnes âgées. La musique et la gastronomie sont également très différentes de celles des autres régions du Japon. Néanmoins, le gouvernement Meiji du Japon a annexé définitivement les îles de Ryû-Kyû avec l'arbitrage du président des Etats-Unis de l'époque. C'est le début des souffrances d'Okinawa sous la domination du Japon. Lors de la Seconde Guerre mondiale, Okinawa a connu une tragédie qui restera gravée dans l'Histoire. La bataille d'Okinawa se déroula du 1er avril au 23 juin 1945, opposant les Japonais et les Américains, qui voulaient reprendre une à une les îles du Pacifique. 230,000 morts du côté japonais, dont la moitié de civils, et on estime que plus de 4,000 d'entre eux se suicidèrent pour ne pas se rendre, de sorte qu'il y a plusieurs histoires tristes ainsi que des endroits et des monuments historiques érigés sur l'île, à la fois héritage de mémoire et voeu de paix.

Sous les deux pressions

Malgré ce souhait pacifiste, ironiquement, la préfecture d'Okinawa possède de nombreuses bases et aéroports militaires américains : 37 casernes, 23 681 hectares pour une population de 45 354 personnes (dont 22 339 soldats). Après la reddition du Japon, le 15 août 1945, les Etats-Unis ont continué à occuper cet archipel, ce même après l'indépendance formelle du Japon, le 28 avril 1952. En effet, de 1945 à 1972, Okinawa était sous administration américaine. Durant la guerre du Viêt-Nam, Okinawa a été considérée comme le porte-avion américain de la région. Il est avéré que des bombardiers à destination du Viêt-Nam ont transité, armés, par Okinawa. Dans le musée de la Paix au sud de l'île, il est écrit que la bombe atomique aurait été stockée sur l'île. Les Américains ont rétrocédé l'île aux Japonais en 1972, suite à des violentes manifestations. Un accident d'hélicoptère US en 2004, qui a chuté sur un campus universitaire, a réveillé les sentiments pacifistes locaux. De plus, lors de cet accident, les militaires américains ont interdit les interventions des Japonais : de la police, de l'administration et des gens de l?université. En conséquence, la cause de cet accident est encore ambiguë pour les Japonais? Comme cela, le sentiment règne que même si les habitants d'Okinawa sont en danger à cause des militaires américains, ils n'ont pas le droit de savoir la vérité. Comment l'accepter ? Sous pression de la part des Etats-Unis, Okinawa souffre aussi à cause d'un gouvernement japonais qui les suit en tout point. Le même jour de l'accident du F15 à la base de Kadena, Monsieur Keiichi Inamine, préfet d'Okinawa devait annoncer ses opinions à propos du déménagement de l'aéroport de Hutenma situé dans Ginowan à Camp Schwab dans Nago. Devant les journalistes, il a affirmé que « je ne peux pas vous expliquer ma position maintenant. D'abord je vais attendre celle de notre gouvernement. » selon l'Okinawa Times. À ses côtés, Junichiro Koizumi, ministre japonais précise « le problème d'Okinawa est un sujet pour tous les Japonais ! ». Malgré tout, le gouvernement japonais doit trouver des compromis entre l?Etats-Unis et Okinawa. Face à cette situation, les gens d'Okinawa manifestent leur mécontentement envers un gouvernement japonais qui ne respecte même pas les opinions des habitants : « il suit toujours les Etats-Unis ! », « c'est toujours nous qui supportons les désagréments liés aux politiques militaires ! ». Les « souvenirs » laissés par la guerre coûtent cher. Combien de souffrances et de peines accumulées les habitants d'Okinawa devront encore supporter ? Qui va écouter ces cris, poussés du fond du coeur ?

Pour en savoir plus : Okinawa Times

Sur le déroulement de la Guerre du Pacifique à Okinawa, cette page assez bien faite


Bases US...

La force armée américaine est présente aux quatres coins du monde. Au début du XXIe siècle, on compte des bases militaires américaines dans 21 pays : Allemagne, Arabie saoudite, Bahreïn, Belgique, Bolivie, Corée du Sud, Cuba, Djibouti, Équateur, Espagne, Royaume-Uni, Grèce, Groenland, Islande, Italie, Japon, Pays-Bas, Portugal, Paraguay, Qatar, Turquie, Territoires d'outremer américains et État de l'Union hors d'Amérique du Nord, par exemple Hawaii. De nombreuses installations sont en cours de fermeture, surtout en Europe de l'Ouest. À coté de cela, des États-Unis veulent renforcer leur présence armée, en raison du terrorisme après l'attentat du 11 septembre 2001 : le Congrès des Etats-Unis a approuvé à hauteur de 453,5 milliards de dollars le budget du ministère de la défense pour 2006. Source : USINFO.STATE.GOV

Par Chikako Majima - Publié dans : Vie du blog
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Jeudi 18 mai 2006 4 18 /05 /Mai /2006 15:21
Vingt deux ans après la dernière bouchée avalée, les écoliers japonais découvrent - à nouveau - le goût de la baleine à leurs tables. Certaines commissions éducatives, préfectorales ou municipales, en promeuvent la consommation, affirmant qu’elle contient « peu de calories, beaucoup de protéines » et aussi au nom « de la tradition ». Or, la plupart des hommes politiques, des enseignant ainsi que des journalistes japonais restent silencieux face aux nombreuses réactions internationales contre la chasse baleinière pratiquée par leur pays.

On pouvait lire, dans le numéro du 27 janvier 2006 du quotidien Yomiuri la recette suivante : « Couper la viande de baleine et les pommes de terre en morceaux. Après avoir fait les frites, mettez le ketchup et la sauce. Voilà, c’est la baleine à la Norvégienne, le menu d’aujourd’hui. Dans une école primaire de Nishinomiya à Hyogo, un enfant de 8 ans sourit à sa première bouchée. « LA consistance est molle, c’est très bon ! J’en mangerais encore » dit-il. « Autrefois, la viande de baleine était importante pour les Japonais puisqu’elle comporte beaucoup de protéines », explique son instituteur. » Aujourd’hui, la consommation de viande de baleine est encouragée dans les milieux scolaires japonais, après 22 ans d’interruption. L’origine de cette remise au goût du jour est à chercher à Taiji-cho, un village du Sud-Est de Wakayama, une région du sud du Japon où il y a une vraie tradition de chasse à la baleine... ainsi qu’une culture culinaire autour du mammifère marin. Ensemble, Taiji-cho et la préfecture de Wakayama ont demandé de pouvoir se fournir en viande de baleine auprès des centres d’études scientifiques de ce mammifère marin. En réponse, 60 tonnes de poitrine de baleine de l’espèce Mink - soit environ 750 000 portions individuelles - , pourraient leur être livrées sous certaines conditions pour les cantines scolaires. Prenant les devants, la région de Wakayama a déjà réintroduit la baleine à la table des enfants. Selon une étude de la commission éducative préfectorale, 270 écoles primaires, y compris les collèges publics (8 sur 10), de Wakayama ont dégusté de la baleine. L’année dernière, la consommation s’est élevée jusqu’à 7203 kg de viande coupée en morceau et 391 kg de viande hachée.

Chasse irresponsable

De plus, la commission éducative préfectorale de Wakayama organise une dégustation à Tokyo dans le but d’étendre le mouvement au pays entier. Les promoteurs de la consommation des « Grandes bleues » affirment « c’est un héritage de la tradition, c’est la culture alimentaire japonaise... » Alors que les Japonais redécouvrent le goût de la baleine, de nombreux pays ainsi que certaines grandes organisations internationales continuent de condamner la chasse baleinière pratiquée par l’Islande, la Norvège et le Japon. Un moratoire sur la chasse à la baleine à été adopté en 1986, interdisant les captures à des fins commerciales. Le Japon lance donc un programme de chasse « scientifique » en 198, qui n’est pas sans soulever des questions embarrassantes dans le reste du monde qui voit dans ce programme une façon d’échapper à ses responsabilités, et de tendre un voile pudique sur des intérêts essentiellement économiques. Un voile que Greenpeace essaie de déchirer avec sa campagne Océans, affirmant par exemple en 2002 qu’après sa 14ème année de chasse « scientifique » dans l’Antarctique, le navire usine Nisshin Maru rentrait avec quelques 2,000 tonnes de viande de baleine à son bord, représentant une valeur d’environ 33 millions de dollars américains sur le marché japonais. Autre grande organisation écologique, WWF (World Wildlife Fund) résume en un seul slogan sa critique de cette chasse baleinière : « science irresponsable, chasse irresponsable »... Les accusations des "antichasses" n’ont pas seulement trait à la protection de l’environnement, mais aussi à des raisons sentimentales : les baleines sont des mammifères comme les hommes. Or, cela n’est pas toujours évident pour les Japonais. Certains considèrent qu’invoquer cet argument d’ordre émotionnel est efficace quand il s’agit d’exercer une pression politique, d’autres que ce n’est pas juste de refuser au Japon sa propre culture...

Un Japon masqué ?

Certains extrémistes affirment même qu’ils faut continuer à prendre position en faveur de la chasse à la baleine au nom du respect des droits internationaux du Japon ! La polémique prend de l’ampleur... Mais au sein même du pays du Soleil Levant, les avis contradictoires sont peu audibles. Combien de Japonais prennent en compte l’opinion internationale quand ils réfléchissent à leur consommation de baleine ? Il est assez compréhensible qu’ils veuillent garder ou redécouvrir une partie de leur tradition alimentaire. Cependant, comment négliger le fait que cet animal est menacé d’extinction ? Pourquoi les hommes politiques, les enseignants ainsi que les journalistes restent silencieux face à cette réalité ? Quant aux régions riches d’une tradition baleinière, comme Wakayama et le village de Taiji-cho, pourquoi ne peuvent-ils pas la conserver comme une spécialité locale, ce qui la revaloriserait d’autant ? Plus incompréhensible encore : est-ce seulement productif de continuer à résister à l’opinion internationale, surtout face au problème de l’extinction des baleines ? Tout le monde sait qu’avec le temps, des traditions se perdent. Même si on essaie de les conserver, il est tout aussi nécessaire de trouver un équilibre avec la réalité. Sinon, l’égoïsme triomphe... De tout façon, quelles que soient leurs raisons, les Japonais ne peuvent pas négliger leurs responsabilités face à la protection de notre planète. Quant des enfants japonais consomment de baleine, il semble que ce ne soit pas seulement pour des raisons de transmission des traditions. Peut-être servent-ils surtout à voiler une réalité économique et sociale, à mieux justifier le comportement nippon face au mouvement anti-chasse. Où est le vrai visage du Japon, sous ces masques ? Les Japonais eux-mêmesne le savent pas ...

Voir aussi le site de Greenpeace :

Voir en ligne: WWF :

Par Chikako Majima - Publié dans : International
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Jeudi 18 mai 2006 4 18 /05 /Mai /2006 15:06
-Reportage sur une Japonaise en France-

Sachiko, une Japonaise de 25 ans étudiante aux beaux-arts, habite à Paris depuis trois ans. Elle aime l’Hexagone, la culture française ainsi que sa vie avec ses amis français, bref, elle vit comme une vraie Parisienne. Cependant, elle est souvent mal à l’aise face aux mensonges quotidiens des Parisiens...

“Je me sens bien ici. Mais c’est parfois difficile...” Sachiko soupire, dans ce café près de la République, en tentant d’explique la différence de mentalité entre Japonais et Français. soupire-t-elle. “J’aime bien rencontrer les gens, les cultures différentes. Je suis un peu timide, mais pas tout le temps ! Par exemple, quand je discute avec les Français, il faut que je manifeste mon opinion assez fort et tout de suite, sinon ils considèrent que je n’en ai pas, que je n’ai rien à dire, que je suis fade. Mais moi, je pense que c’est important d’écouter d’abord les autres. C’est ce que j’ai appris de mes parents et de l’école : écouter les opinions des autres avec respect et résumer ses pensées dans sa tête avant d’ouvrir la bouche. Voila, c’est ma façon de faire... Malgré tout, certains Français ne le comprennent pas, et me demandent « Es-tu triste ? » ou « Es-tu malade ? » Moi, je ne me sens pas à l’aise face à ces questions, et pour eux, c’est le fait que je pense en silence qui les embête... Et puis, poursuit-elle, beaucoup de Français considèrent que les Asiatiques sont « gentilles et calmes »... Une sorte de stéréotype, même si j’aime bien rester tranquille, c’est mon caractère. Même au Japon, je n’étais pas très habituée à manifester mon opinion...

Honnêteté

Mes amis francais me le disent : “Ton honnêteté devient parfois un défaut.” Sachiko sourit avec une certaine tristesse. Un jour, j’avais oublié mes clés à l’intérieur de chez moi. Je ne pouvais plus rentrer ! J’ai essayé d’appeler le concierge, mais il était parti. Alors j’ai sonné chez ma voisine ; on a essayé d’ouvrir la porte, on n’y est pas arrivé. J’ai dû appeler un serrurier, qui a complètement défoncé la porte, et qui m’a réclamé 800 euros ! Je ne pouvais pas payer une somme pareille... Alors le serrurier m’a conseillé d’aller voir la police et de dire qu’un cambrioleur avait essayé d’entrer chez moi... J’avais honte ! Parfois, des gens me disent “c’est comme ça en France”, parce que c’est vrai que je ne connais pas tout le système, mais en fait ils ne veulent pas connaître mon opinion, parce qu’ils s’en moquent J’ai déjà eu quelques mauvaises expériences à cause de ça !” Sachiko ne comprend pas pourquoi il faut toujours mentir pour arriver à obtenir quoi que ce soit, pour des démarches, pour des travaux dans son appartement...

Méchanceté

U Aujourd’hui, il m’est parfois nécessaire de me méfier des gens continue Sachiko, un peu énervée, d’être méchante pour me défendre. Cela me fatigue, et ça m’attriste, puisque je dois vivre avec ce masque artificiel, je ne peux pas être naturelle, telle que je suis, sauf devant mes amis. J’aimerais bien poser des questions aux Français, surtout aux Parisiens, du genre : "N’êtes-vous pas fatigués de vivre avec ces mensonges perpétuels ?” Au Japon, ce n’est pas correct de se comporter ainsi, mais ici, en France, j’ai parfois l’impression que ça ne choque personne. Les gens ont l’air de trouver ça normal. Certes, les Français vivent comme ça depuis qu’ils sont tout petits, ils doivent le faire pour s’insérer dans une société qui intègre totalement cette habitude. Les petits mensonges sont assez fréquents, par exemple les gens qui se “trompent” souvent quand ils rendent la monnaie. On a l’impression qu’ils cherchent toujours à obtenir un petit quelque chose en plus de la normale, un petit “bonus”, c’est insupportable. Mais d’un autre côté, ils sont courtois, donc tu ne peux pas vraiment t’énerver...

Equilibre

C’est comme une sorte de jeu, comme une manière de vivre. Quelqu’un d’honnête, ici à Paris, c’est un pigeon, et je ne trouve pas ça normal. Pour les Parisiens, je suis trop innocente, s’amuse-t-elle. Je ne voulais pas le croire mais je me suis aperçue qu’ils ont en partie raison. En tant que Japonaise, je ne m’oppose pas frontalement, je ne dis pas non directement... Donc j’ai l’air de dire oui tout le temps, et je suis coincée... » Malgré tout, Sachiko essaiera de garder toujours un équilibre, entre son amour pour la France et sa culture venue d’un lointain archipel. Et à ceux qui voudraient que toutes ces questions de mentalité s’expliquent uniquement par des différences culturelles, elle affirme que c’est plus personnel. “Chacun se forge ses propres valeurs, donc il est possible de se comprendre, d’individu à individu, et de dépasser ces fameuses différences ! Quelle que soit la culture de chacun, ce qui est important, c’est la personne elle-même, ses valeurs et ses idées”.

Par Chikako Majima - Publié dans : Reportage
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