Chikako MAJIMA


Chikako Majima est née en 1979, dans la ville d’Osaka qui situe au Sud-Ouest du Japon. Depuis son enfance, sa passion est la peinture. Elle rêve toujours la vie à l’étranger comme si elle est voyageur dans toute sa vie. C’est peut-être grâce à sa mère qui lui a donné beaucoup d’albums pour enfants. « Raconter une histoire ! », Chikako lui demande tous les soirs.

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Jeudi 18 mai 2006 4 18 /05 /Mai /2006 15:21
Vingt deux ans après la dernière bouchée avalée, les écoliers japonais découvrent - à nouveau - le goût de la baleine à leurs tables. Certaines commissions éducatives, préfectorales ou municipales, en promeuvent la consommation, affirmant qu’elle contient « peu de calories, beaucoup de protéines » et aussi au nom « de la tradition ». Or, la plupart des hommes politiques, des enseignant ainsi que des journalistes japonais restent silencieux face aux nombreuses réactions internationales contre la chasse baleinière pratiquée par leur pays.

On pouvait lire, dans le numéro du 27 janvier 2006 du quotidien Yomiuri la recette suivante : « Couper la viande de baleine et les pommes de terre en morceaux. Après avoir fait les frites, mettez le ketchup et la sauce. Voilà, c’est la baleine à la Norvégienne, le menu d’aujourd’hui. Dans une école primaire de Nishinomiya à Hyogo, un enfant de 8 ans sourit à sa première bouchée. « LA consistance est molle, c’est très bon ! J’en mangerais encore » dit-il. « Autrefois, la viande de baleine était importante pour les Japonais puisqu’elle comporte beaucoup de protéines », explique son instituteur. » Aujourd’hui, la consommation de viande de baleine est encouragée dans les milieux scolaires japonais, après 22 ans d’interruption. L’origine de cette remise au goût du jour est à chercher à Taiji-cho, un village du Sud-Est de Wakayama, une région du sud du Japon où il y a une vraie tradition de chasse à la baleine... ainsi qu’une culture culinaire autour du mammifère marin. Ensemble, Taiji-cho et la préfecture de Wakayama ont demandé de pouvoir se fournir en viande de baleine auprès des centres d’études scientifiques de ce mammifère marin. En réponse, 60 tonnes de poitrine de baleine de l’espèce Mink - soit environ 750 000 portions individuelles - , pourraient leur être livrées sous certaines conditions pour les cantines scolaires. Prenant les devants, la région de Wakayama a déjà réintroduit la baleine à la table des enfants. Selon une étude de la commission éducative préfectorale, 270 écoles primaires, y compris les collèges publics (8 sur 10), de Wakayama ont dégusté de la baleine. L’année dernière, la consommation s’est élevée jusqu’à 7203 kg de viande coupée en morceau et 391 kg de viande hachée.

Chasse irresponsable

De plus, la commission éducative préfectorale de Wakayama organise une dégustation à Tokyo dans le but d’étendre le mouvement au pays entier. Les promoteurs de la consommation des « Grandes bleues » affirment « c’est un héritage de la tradition, c’est la culture alimentaire japonaise... » Alors que les Japonais redécouvrent le goût de la baleine, de nombreux pays ainsi que certaines grandes organisations internationales continuent de condamner la chasse baleinière pratiquée par l’Islande, la Norvège et le Japon. Un moratoire sur la chasse à la baleine à été adopté en 1986, interdisant les captures à des fins commerciales. Le Japon lance donc un programme de chasse « scientifique » en 198, qui n’est pas sans soulever des questions embarrassantes dans le reste du monde qui voit dans ce programme une façon d’échapper à ses responsabilités, et de tendre un voile pudique sur des intérêts essentiellement économiques. Un voile que Greenpeace essaie de déchirer avec sa campagne Océans, affirmant par exemple en 2002 qu’après sa 14ème année de chasse « scientifique » dans l’Antarctique, le navire usine Nisshin Maru rentrait avec quelques 2,000 tonnes de viande de baleine à son bord, représentant une valeur d’environ 33 millions de dollars américains sur le marché japonais. Autre grande organisation écologique, WWF (World Wildlife Fund) résume en un seul slogan sa critique de cette chasse baleinière : « science irresponsable, chasse irresponsable »... Les accusations des "antichasses" n’ont pas seulement trait à la protection de l’environnement, mais aussi à des raisons sentimentales : les baleines sont des mammifères comme les hommes. Or, cela n’est pas toujours évident pour les Japonais. Certains considèrent qu’invoquer cet argument d’ordre émotionnel est efficace quand il s’agit d’exercer une pression politique, d’autres que ce n’est pas juste de refuser au Japon sa propre culture...

Un Japon masqué ?

Certains extrémistes affirment même qu’ils faut continuer à prendre position en faveur de la chasse à la baleine au nom du respect des droits internationaux du Japon ! La polémique prend de l’ampleur... Mais au sein même du pays du Soleil Levant, les avis contradictoires sont peu audibles. Combien de Japonais prennent en compte l’opinion internationale quand ils réfléchissent à leur consommation de baleine ? Il est assez compréhensible qu’ils veuillent garder ou redécouvrir une partie de leur tradition alimentaire. Cependant, comment négliger le fait que cet animal est menacé d’extinction ? Pourquoi les hommes politiques, les enseignants ainsi que les journalistes restent silencieux face à cette réalité ? Quant aux régions riches d’une tradition baleinière, comme Wakayama et le village de Taiji-cho, pourquoi ne peuvent-ils pas la conserver comme une spécialité locale, ce qui la revaloriserait d’autant ? Plus incompréhensible encore : est-ce seulement productif de continuer à résister à l’opinion internationale, surtout face au problème de l’extinction des baleines ? Tout le monde sait qu’avec le temps, des traditions se perdent. Même si on essaie de les conserver, il est tout aussi nécessaire de trouver un équilibre avec la réalité. Sinon, l’égoïsme triomphe... De tout façon, quelles que soient leurs raisons, les Japonais ne peuvent pas négliger leurs responsabilités face à la protection de notre planète. Quant des enfants japonais consomment de baleine, il semble que ce ne soit pas seulement pour des raisons de transmission des traditions. Peut-être servent-ils surtout à voiler une réalité économique et sociale, à mieux justifier le comportement nippon face au mouvement anti-chasse. Où est le vrai visage du Japon, sous ces masques ? Les Japonais eux-mêmesne le savent pas ...

Voir aussi le site de Greenpeace :

Voir en ligne: WWF :

Par Chikako Majima - Publié dans : International
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